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mikepars
Lecture du livre des Proverbes (8, 22-31)
La Sagesse est avec Dieu dès le commencement
"Écoutez ce que déclare la Sagesse : « Le Seigneur m’a faite pour lui au commencement de son action, avant ses œuvres les plus anciennes. Avant les siècles j’ai été fondée, dès le
commencement, avant l’apparition de la terre. Quand les abîmes
n’existaient pas encore, qu’il n’y avait pas encore les sources
jaillissantes, je fus enfantée. Avant que les montagnes ne soient
fixées, avant les collines, je fus enfantée.
« Alors que Dieu n’avait fait ni la terre, ni les champs, ni l’argile
primitive du monde, lorsqu’il affermissait les cieux, j’étais là.
Lorsqu’il traçait l’horizon à la surface de l’abîme, chargeait de
puissance les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources
de l’abîme ; lorsqu’il imposait à la mer ses limites, pour que
les eaux n’en franchissent pas les rivages, lorsqu’il établissait
les fondements de la terre, j’étais à ses côtés comme un maître
d’œuvre. J’y trouvais mes délices jour après jour, jouant devant
lui à tout instant, jouant sur toute la terre, et trouvant mes délices
avec les fils des hommes. »"
Les appels de la sagesse
Le temps de la préparation
Demandons la grâce du silence intérieur et d’un cœur qui écoute.
Le temps de l’observation
La Sagesse personnifiée fait son propre éloge et interpelle les humains (voir la totalité du chapitre 8 du livre des Proverbes). Son antériorité par rapport au monde et sa proxi-
mité de Dieu lui confèrent un statut privilégié parmi les créatures : « Au commencement de
son action, avant ses œuvres les plus anciennes, [...] j’étais à ses côtés. » Jubilante en présence Le livre des Proverbes appartient à la littérature de sagesse. Ouvrage composite, il amalgame des textes de différentes périodes et provenances. La Sagesse, personnifiée dans certains passages, apparaît comme une figure
mystérieuse qui ne peut manquer d’interpeller les chrétiens, tant certaines de ses caractéristiques évoquent celles du Fils et de l’Esprit Saint.
Une relation unique
N'est-ce pas du côté transpercé du Christ que jaillissent les fleuves d'eau vive de l'Esprit ?
ARRÊTONS-NOUS AUX PAROLES que le Ressuscité adresse respectivement à Thomas et à Marie de Magdala dans le même chapitre 20 de l’évangile de Jean : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté » ; « Cesse de me tenir […]. Va plutôt trouver mes frères. » Rien de stéréotypé dans la relation que le Christ instaure, bien au contraire celle-ci s’inscrit dans une histoire singulière, unique. Marie a déjà accédé à la foi, elle est tentée de retenir celui qu’elle aime, désireuse de prolonger la rencontre, tel Simon-Pierre lors de la Transfi guration : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes. » (Mt 17, 4.) Thomas, lui, est taraudé par l’incrédulité. Comment croire à l’inconcevable ? C’est le Christ luimême qui l’invite à approcher, acceptant de se laisser toucher comme il l’a fait tout au long de sa vie terrestre par les malades, la pécheresse… Et saint Augustin de commenter : « Mets ton doigt. Je connais tes blessures, j’ai gardé pour toi ma cicatrice. » (Sermon 258.) Une fois encore, Jésus se livre, se donne. Thomas pourra alors recevoir l’Esprit Saint, comme les autres disciples, huit jours auparavant. De fait, n’est-ce pas du côté transpercé du Christ que jaillissent les fl euves d’eau vive de l’Esprit (Jn 19, 34 et 7, 38-39) ? Il ne restera plus à Thomas qu’à confesser sa foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Ainsi donc, Marie et Thomas ont vécu une relation éminemment personnelle au Christ ressuscité, nous invitant à accueillir notre propre chemin – qu’il se situe du côté de la « proximité » ou de la « distance » de Dieu. À nous de chercher notre réponse ailleurs que dans des attitudes toutes faites. L’amour n’est-il pas inventif jusqu’à la fin ?
Soeur Emmanuelle Billoteau,
ermite bénédictine
A Unique Relationship
Divine Mercy Sunday 11.4.10
Let's pause before the words that The Resurrected One addresses respectively to Thomas and to Mary Magdalen in the same chapter, chapter 20, of John's Gospel:
“Put your finger here; Look, here are my hands. Give me your hand, put it into my side;” “Stop looking for me [...] Go rather and find my brothers.”
Nothing stereotypical in the relationship that Christ instigates here, on the contrary; one that inscribes itself in a single unique story: Mary has already accepted in faith. She is tempted to return to the one that she loves, to prolong the encounter, like Simon Peter at the Transfiguration: “Lord it is good that we are here! If you like, I will make three tents.” (Mt17, 4.)
Thomas, however is overcome with incredulity. How is one to believe the unbelievable?
It is Christ himself who invites us to approach, accepting, allowing himself to be touched, as he has all his earthly life, by the sick, sinners...
St Augustine comments: “Place your finger, I know your wounds, I have kept a bandage for you.” (Sermon 258).
Once again, Jesus gives himself, like an open book. Thomas then can receive the Holy Spirit, like the other disciples did, eight hours earlier. From the pierced side of Christ flow streams of the living water of the Spirit (Jn 19, 34 & 7, 38 – 39)! It only remains for Thomas to confess his faith: “My Lord and my God!”
So, Mary and Thomas both experienced a uniquely personal relationship with the risen Christ, inviting us to welcome a way forward that situates itself close to the "nearness” or “farness” of God.
It's up to us to find a response different from the one we usually make. Love is inventive to the end.
Sœur Emmanuelle Billoteau,
ermite bénédictine
PRIONS EN EGLISE
(Prions en Église p131)
2e lecture du 7e dimanche de Pâques
Apocalypse de saint Jean 22, 12-14. 16-20, p. 125
Amen ! Viens, Seigneur Jésus !”
Il n’est pas indifférent que les derniers mots de la Bible soient en forme de prière, d’invocation. Une prière qui exprime une soif, un désir. Ainsi, toute la révélation contenue dans l’Écriture semble n’avoir d’autre but que de nous faire entrer en dialogue avec ce Dieu qu’elle nous dévoile.
Le temps de la préparation « Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt... » (Ps 56 (57).)
Le temps de l’observation
Arrêtons-nous sur les qualificatifs attribués à celui dont nous implorons la venue. Il est « l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin ». Autant dire qu’il est Dieu (cf. Is 44) : en lui est l’origine et l’accomplissement de toute vie ; en lui est la clé de notre histoire collective et personnelle. Sans
lui, pas d’accès à cet arbre de vie gardé par les chérubins depuis a transgression d’Adam et Ève
(Gn 3) ; sans lui, pas d’entrée dans la Cité sainte, lieu par excellence de la présence de Dieu. Mais Jésus est aussi « le rejeton de David, l’étoile resplendissante du matin », autrement dit : le messie davidique promis à Israël (Is 11), l’astre annoncé par Balaam le devin (Nb 24). Nous pouvons également le reconnaître comme l’Époux
désiré et attendu par l’Église, et donc par chacun de nous.
Le temps de la méditation Ces versets nous appellent au bonheur, mais aussi à la vérité. Car accéder à la plénitude
suppose d’écouter pour entendre, de reconnaître son besoin de rédemption, et donc son péché.
Sans oublier d’habiter – fût-ce douloureusement – sa soif et son désir de Dieu parfois enfoui sous
de multiples convoitises. Mais peut-être restons-nous sur notre faim, car l’Apocalypse ne nous révèle ni le pourquoi du mal, ni celui de la souffrance, ni celui du « retard » de la parousie, le
retour glorieux du Christ à la fin des temps. Un questionnement que nous pouvons mettre à
profit pour rester en éveil, laisser notre désir se creuser. À nous de vivre de la foi, de l’espérance et de l’amour qui, inlassablement, cherchent en Dieu la lumière et privilégient ce qui a valeur
d’éternité.
Le temps de la prière
Viens, Seigneur Jésus, toi l’espérance des hommes.
Sœur Emmanuelle Billoteau,
ermite bénédictine
De la Trinité à l’Eucharistie
L’Eucharistie est un avant-goût de la jouissance éternelle de la divinité.
Plutôt que de nous arrêter sur l’évangile de la multiplication des pains, si souvent commenté, peut-être pouvons-nous méditer sur quelques aspects du mystère célébré aujourd’hui, en premier lieu sur le lien établi par l’Église entre la Sainte Trinité, fêtée dimanche dernier, et le Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Car la proximité de ces deux dimanches dans le cycle liturgique est porteuse de sens. Ainsi, écoutons Maurice Zundel nous rappeler que : « De la Trinité à l’Eucharistie et de l’Eucharistie à la Trinité, il y a une relation essentielle, parce que, justement, comme la Trinité est l’Amour où il n’y a que l’amour, l’Eucharistie est la manifestation et comme l’enracinement de cet amour au cœur de nos vies. » Un amour qui s’est pleinement révélé dans le don que Jésus fit de sa vie : « Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable sacrement, tu nous as laissé un mémorial de ta passion. » (Première prière, appelée plus justement « collecte » parce qu’elle réunit les chrétiens dans une même prière au début de la célébration.) Ce don n’appartient pas seulement au passé, comme le suggèrent la prière sur les offrandes et l’antienne de communion. La première nous redit que la célébration de l’Eucharistie édifie l’Église dans l’unité et la paix ; la seconde nous rappelle que recevoir cette nourriture d’immortalité qu’est le sacrement du Corps et du Sang du Christ, nous donne de demeurer en lui comme il demeure en nous. Sans oublier que ce don nous tourne aussi vers l’avenir, puisque -l’Eucharistie, nous affirme la prière après la communion, est un « avant-goût » de la « jouissance éternelle de la divinité » – autrement dit de la pleine participation à la vie de Dieu.
Sœur Emmanuelle Billoteau,
ermite bénédictine
from Prions en Eglise
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